Château et jardins
Villandry
21 mars 2026 au 21 juin 2026




L'exposition
La soie des iris
J’ai choisi de mettre au cœur de cette exposition à Villandry un « chœur d’iris », ensemble de 12 pièces réalisées à partir de grands rideaux de dentelle blanche représentant des bouquets d’iris majestueux. Ces rideaux proviennent d’une belle maison bourgeoise de la fin du XIXᵉ siècle et m’ont été offerts par un ami. Ils étaient partiellement très abîmés, une intervention de type surcyclage s’imposait.
Mes toiles sont toujours réalisées sur de grands espaces de soie sauvage, matière que j’affectionne particulièrement pour sa fluidité, sa légèreté et ses coloris changeants. Cette particularité vient du fait qu’elle est très souvent tissée avec un fil de trame et un fil de chaîne de couleurs différentes. En fonction de la lumière ou quand on se déplace devant l’œuvre, l’un de ces coloris prend l’ascendant sur l’autre. J’aime aussi beaucoup les petites imperfections qui caractérisent son tissage et la rendent très vivante.
Les pétales de fleurs, et tout particulièrement les pétales d’iris, sont d’une matière délicate et soyeuse. C’est ainsi que « La Soie des iris » s’est imposé comme titre de cette exposition, en pleine saison de floraison des iris dans les jardins du château.
La première salle présente le « chœur des 12 iris », la deuxième salle permet de découvrir d’autres univers floraux et de jouer sur des fonds de soie aux coloris très contrastés. La salle d’accueil présente d’autres thèmes de travail.
Zenga
La soie
tourangelle
Saviez-vous que la première soie tissée en France l’a été en Touraine ?
C’est à la demande de Louis XI qu’en 1470 la première manufacture de dentelle a été créée à Tours, Lyon n’étant à cette époque qu’un centre de commerce de la soie venue de Chine par l’Italie. C’est François Iᵉʳ qui fait connaître son apogée à la soie tourangelle, en particulier lors de sa rencontre avec Henri VIII d’Angleterre au Camp du Drap d’Or, entrevue au cours de laquelle il réussit à éblouir son royal cousin par un faste inouï. Au milieu du XVIᵉ siècle, 400 à 500 ateliers de soyeux sont en activité en Touraine, 40 000 personnes vivent de la soie à Tours. À la même période, la concurrence de Lyon commence à se faire sentir et l’industrie de la soie va passer par des périodes successives de faste et de déclin, jusqu’au XXᵉ siècle où Lyon va définitivement s’imposer comme centre soyeux en France.
La Maison Roze (à St Avertin, dans l’agglomération de Tours), dont l’origine remonte à 1660, est aujourd’hui la dernière manufacture de soierie tourangelle. Spécialisée dans la soie d’ameublement qui demande un haut niveau de technicité, elle est aujourd’hui un des prestigieux représentants du luxe français dans le secteur du textile.
Il faut savoir que la soie française est réalisée aujourd’hui avec du fil provenant de Chine (et la soie sauvage que j’utilise est importée d’Extrême-Orient). Mais aujourd’hui, Arnaud Lebert, directeur de la Maison Roze, cherche à réintroduire en Touraine la culture des mûriers (dont les feuilles constituent l’unique aliment des vers à soie), dans le but de recréer une filière française complète de la soie, incluant l’élevage des vers et le filage.
Des mûriers ont été plantés au château de Villandry en février 2026.